C’est pas les placentas de nos mères qui nous relient
C’est pas les rêves partagés au creux de nos cils
C’est pas les passions qui agitent nos sommeils dans nos lits
C’est pas non plus les rires un peu fous qui jaillissent entre nous
C’est pas la mélanine câline qui nous anime
C’est pas juste de l’estime
C’est pas juste des icônes
C’est pas non plus l’esthétique de la dialectique des fractales qui nous couronnent
C’est pas seulement une question d’injustice
C’est pas seulement une question de couleur
Et c’est pas non plus à travers les veines du cœur de nos utérus que nous sommes en vie.
Ce qui nous relie
C’est la lutte, sans cesse.
C’est nos voix vibrantes, qui enfantent des échos et des histoires
C’est le chagrin et la violence qui parfois nous brisent
C’est tracer des chemins singuliers qui finissent par se croiser
et s’unir
C’est la grande joie de la résistance qui transperce tous les murs
C’est l’entrelacement de nos pensées
C’est le délestage de nos poids et de nos poisons par la bouche et l’oreille
C’est la reconnaissance qui fait sens entre sœurs.
Le chemin de la sororité est un chemin magnifique et infini.
Merci à toutes les sœurs de sororité intensive, faite de rires et de larmes, perdues de vue ou bien présentes, avec qui j’ai partagé un bout de chemin. 🤍⛲
Elsa Rakoto.
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« Sororité », huile sur toile de lin, 92X73, 2021.
A partir d’une photographie de Juh Almeida